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mardi 21 mai 2013

Spleen

Que restera-t-il quand la pluie aura tout lavé ? Elle me rend dingue à ne jamais s'arrêter. Ça fout dans l'âme un cafard monstre. On est loin des abysses mais quand même, je n'ai plus pied. Je suis en deuil, je crois. Enfin je ne crois plus à grand chose. Tout est gris et sans horizon. Tout est infiniment triste. Sauf moi. Ou bien c'est moi qui ne vois le monde qu'à travers le prisme de cette tristesse qui colle à tout. Qui me colle aux basques comme une vieille copine chiante. J'exsude la tristesse et ça me rend morose. Il manque quelque chose. Je voudrais savoir quoi pour pouvoir m'y accrocher. Peut-être que ça n'existe pas en réalité. C'est bien joli de courir après mais encore faudrait-il être sûr que ça en vaille la peine. Du coup, j'ai arrêté de courir. Mais pourquoi je suis encore si fatiguée ? Pas bouleversée, juste anesthésiée. Ma vie au ralenti, si je pouvais mettre sur pause un peu, le temps de dire au revoir aux souvenirs. Des cartons énormes mais quand je les soulève, je réalise qu'ils sont vides. La vraie vie, ce n'était pas celle d'avant. Trop chérie, trop embellie. Sans le vouloir, perdue. Tant mieux ou  tant pis. Il y a des choses que j'aurais crues plus simples, d'autres que j'aurais voulues plus compliquées. Je n'ai rien décidé de toute façon.

"Qui nous a ainsi retournés pour que, quoique nous fassions, nous soyons dans la position d'un qui s'en va ? Comme lui, sur la dernière colline qui fait voir sa vallée tout entière une fois encore, se retourne, s'arrête, tarde, - ainsi nous autres vivons-nous, sans cesser de faire nos adieux." 

Elégies de Duino, Rainer Maria Rilke

Tout cela est d'un plombant... ne faisons pas dans la demi-mesure ; badons aussi avec Baden Baden :



mardi 6 novembre 2012

C'est quoi le bonheur ?

Je suis dans un état d'esprit étrange en ce moment, qui me fait un peu penser à un article que j'ai écrit il y a longtemps. Il y a des choses qui me tracassent mais j'ai envie de me laisser porter par les vagues de la vie qui depuis quelques mois m'entraînent vers des terres plus verdoyantes. Les vacances et le retour au bercail me font beaucoup de bien. Revoir les gens que j'aime et qui me comprennent, me promener au bord de la mer, arpenter les rues de Nantes pour faire du shopping en chouette compagnie, aller voir de bons films, découvrir de nouvelles séries, écouter Alexis HK, déguster un bon verre de muscat en mangeant du chocolat, grattouiller ma guitare, relire Belle du Seigneur... Que de nourritures spirituelles qui me rassasient suffisamment pour le moment. Je soigne ma soif d'idéal avec de petits bonheurs qui illuminent mon quotidien. J'ai envie de profiter des bonnes choses, d'apprécier de me sentir bien et surtout d'arrêter de me prendre la tête. Je m'en sors plutôt pas mal malgré quelques couacs. Je me rends compte qu'il n'est pas bon de toujours lorgner vers la lune alors je mets mon petit mouchoir sur mes soucis, je constate avec satisfaction qu'ils me plombent moins qu'ils n'ont pu le faire jadis. J'ai encore la vie devant moi et bien des jolis moments à savourer. Le chemin est pavé de désillusions mais il faut les prendre comme des passages obligés, c'est aussi de cette façon qu'on forge et qu'on affine notre perception de l'existence. Donc je continue à réfléchir intensément mais tout en goûtant à 200% les petits plaisirs qui se présentent à moi. Le bonheur, on ne le trouve pas en le plaçant entre les mains des autres qui ont déjà fort à faire avec le leur. On se le construit tout seul et après, c'est tant mieux si on peut le partager. Mais pas question d'assujettir un bien-être hypothétique à des prises de tête interminables. J'en ai terminé avec ça.

Je me sens bien. J'aime cette sensation. Il n'y a plus qu'à espérer que ça dure.

Et puisque je savoure en ce moment avec délice la poésie de l'écriture et la magie des mélodies d'Alexis HK, je termine avec une jolie miette de bonheur à se mettre sous la dent :



vendredi 6 juillet 2012

Damien Rice en concert

Il y a un chanteur que j'aime énormément. C'est même mon chanteur préféré. Chacun des morceaux qu'il a écrits me prend aux tripes et j'ai beau l'avoir écouté déjà des centaines de fois, je pense pouvoir affirmer sans me tromper que je ne m'en lasserai jamais. A ma fascination démesurée pour Damien Rice s'ajoute aujourd'hui mon admiration absolue pour la prestation de cet artiste en concert. Hier soir, à Paris, salle Pleyel, j'ai vécu l'un des moments les plus beaux de ma vie. Ce concert était absolument merveilleux. Avec simplement une guitare et un piano, Damien Rice a le pouvoir d'embarquer une salle entière avec lui. Pendant 2h30, il a interprété chacune de ses chansons avec une intensité incroyable, à vous donner la chair de poule.
Comme il était seul sur scène, pendant Volcano, il a demandé s'il y avait de bons chanteurs et chanteuses dans la salle. Il leur a proposé de le rejoindre sur scène et ils ont fini la chanson en faisant les choeurs en canon derrière lui. C'était magique.


Et puis il a fait éteindre toute la salle pour chanter Cold water dans le noir. Le rappel a duré trois chansons, parmi lesquelles Cheers Darling : il a fait monter une jeune fille sur scène et ils se sont bus en un temps record une bouteille de vin rouge tandis qu'il mimait l'anecdote à l'origine de l'écriture de cette chanson. Puis il a terminé sur une chanson inspirée de Ne me quitte pas de Brel.


Il a chanté à peu près tout O (excepté Eskimo, dommage !) et quelques chansons de 9 ainsi que Woman like a man. Je remercie les gens qui ont mis en ligne leurs vidéos du concert et qui me permettent de garder une trace de ces moments uniques et privilégiés. Parce qu'en plus de ça, Damien Rice est un garçon fort sympathique qui nous a régalés d'anecdotes tout aussi drôles que déplacées. Il fait preuve d'une énergie époustouflante sur scène, fait le clown quelques instants avant de nous faire monter les larmes aux yeux en seulement quelques notes. C'est toute une palette d'émotions qu'il nous a fait partager hier soir et ça valait vraiment la peine d'être témoin de ce pur moment de grâce. En plus, ça m'a fait prendre pleinement conscience de la profondeur de ses chansons. Je les appréciais déjà beaucoup, bien sûr, mais le voir les interpréter, mettre en évidence toute la violence qu'elles recèlent, cette poésie à la fois crue et mélancolique, tout cela contribue à créer un mélange détonnant et unique. Inoubliable.

dimanche 1 juillet 2012

Un monstre à Paris

A Paris, Emile et Raoul vont faire une livraison chez un botaniste. Le professeur étant parti en voyage, ils entrent dans la serre et sont fascinés par ce qu'ils voient, s'amusent avec les fioles quand soudain, c'est le drame : plusieurs fioles volent en éclats... des décombres s'enfuit alors une puce géante qui sème très vite la terreur sur la ville. La pauvre bête ne ferait toutefois pas de mal à une mouche et se révèle finalement la plus effrayée dans cette histoire. Rejetée de tous, elle fait un soir la connaissance de Lucille, qui se produit comme chanteuse sous le nom de "L'oiseau rare". Lorsque Lucille, effrayée, cherche à s'enfuir, elle entend soudain une voix qui va la faire changer d'avis. Ecoutez plutôt :


Ce film est sympathique mais le scénario est loin d'être révolutionnaire. Toute sa magie réside dans les chansons, signées M et Vanessa Paradis, qui ont un parfum de trop peu. Empreintes de sensibilité et de poésie, elles créent des moments véritablement à part dans le film que j'ai trouvé dans l'ensemble un peu fade. Le scénario est trop brouillon, les personnages sont plutôt attachants et quelques scènes font sourire mais globalement, ça manque d'approfondissement. Alors que tous les ingrédients étaient réunis pour faire un petit chef d’œuvre. C'est un peu dommage. Il n'empêche que ça m'a permis d'apprécier les talents de M auxquels je ne suis pas toujours forcément sensible. De même, j'ai eu beau entendre déjà la chanson à plusieurs reprises à la radio, c'est vraiment à travers le film qu'elle prend toute son ampleur. Voici donc l'extrait qui correspond à "La Seine" et le duo magique entre Lucille et Francoeur.


mercredi 23 mai 2012

Véronique Sanson - Amoureuse

Je ne suis pas particulièrement fan de Véronique Sanson mais c'est parce que je connais finalement très peu ses chansons. Par contre, ce qui me laisse perplexe, c'est sa façon de chanter et ses effets de voix très accentués. Je trouve qu'elle en fait un peu trop et que c'est dommage parce qu'elle a quand même une très jolie voix. A l'occasion de la réédition de son premier album, j'ai découvert cette très belle interprétation de "Amoureuse".

Nous sommes en 1972, Véronique Sanson a donc 23 ans. En plus d'être très belle, elle chante incroyablement bien, sa voix est impeccable : à la fois intense et naturelle. La chanson qu'elle a composée elle-même rend compte de l'émoi amoureux : d'une façon extrêmement poétique et avec des mots simples, elle fait sentir toute la complexité de ce sentiment, la dépossession de soi et cet étrange mélange de bonheur et d'angoisse. C'est tout simplement magique de réussir à convoquer toutes ces nuances et de pouvoir cerner une sensation aussi fragile et aussi fugace dans une chanson.


mercredi 9 mai 2012

Encourager le retour du soleil

C'est dans cette entreprise aussi noble que désespérée que s'est lancée Leiloona avec le Soleilthon.

Il s'agit pour les blogueurs volontaires de proposer leur chanson du moment ; ensuite à chacun d'improviser une petite danse du soleil en croisant les doigts pour que ça marche.
Pour ma part, ce fut sans surprise La Grande Sophie dont je vous ai parlé il y a quelques jours mais vous pourrez aussi écouter des artistes aussi variés que Cœur de Pirate, James Blunt, Michel Telo, Christophe Willem, Norah Jones, Gotye, Jean-Louis Aubert, Jason Mraz, Charles Aznavour ou Petula Clark.
A défaut de chasser les nuages, ça nous plonge dans une belle ambiance printanière : ouvrez grands vos oreilles, c'est par ici que ça se passe.

vendredi 4 mai 2012

La Grande Sophie



Ça a commencé avec une chanson entendue à la radio il y a déjà quelques temps :


Une mélodie entraînante pour des paroles touchantes, une voix suave et énergique, des notes qui résonnent longtemps dans la tête. Des trouvailles qui m'ont plu au niveau des paroles : "Ne m'oublie pas dans tes poches petit bouton perdu" et une montée en intensité au fil de la chanson. Une jolie découverte et une impression favorable confortée par l'interview de La Grande Sophie à On n'est pas couché. Un album mélancolique et plus intimiste que les précédents, au titre évocateur : "La place du fantôme" et une chanteuse obsédée par le temps qui passe. Des ingrédients qui semblaient faits pour me séduire et effectivement, quelques morceaux ont résonné en moi avec justesse.

"Tu ne viendras peut-être jamais" est l'une de mes préférées parce que les paroles autant que la mélodie me font chavirer le cœur. "Ma radio" aussi est très envoûtante. A travers des mots simples, La Grande Sophie chante la solitude et la tristesse, sans pour autant sombrer dans le mélo. C'est empreint de poésie et ça touche à l'universel, je crois que c'est pour ça que c'est si beau.