mardi 21 mai 2013

Spleen

Que restera-t-il quand la pluie aura tout lavé ? Elle me rend dingue à ne jamais s'arrêter. Ça fout dans l'âme un cafard monstre. On est loin des abysses mais quand même, je n'ai plus pied. Je suis en deuil, je crois. Enfin je ne crois plus à grand chose. Tout est gris et sans horizon. Tout est infiniment triste. Sauf moi. Ou bien c'est moi qui ne vois le monde qu'à travers le prisme de cette tristesse qui colle à tout. Qui me colle aux basques comme une vieille copine chiante. J'exsude la tristesse et ça me rend morose. Il manque quelque chose. Je voudrais savoir quoi pour pouvoir m'y accrocher. Peut-être que ça n'existe pas en réalité. C'est bien joli de courir après mais encore faudrait-il être sûr que ça en vaille la peine. Du coup, j'ai arrêté de courir. Mais pourquoi je suis encore si fatiguée ? Pas bouleversée, juste anesthésiée. Ma vie au ralenti, si je pouvais mettre sur pause un peu, le temps de dire au revoir aux souvenirs. Des cartons énormes mais quand je les soulève, je réalise qu'ils sont vides. La vraie vie, ce n'était pas celle d'avant. Trop chérie, trop embellie. Sans le vouloir, perdue. Tant mieux ou  tant pis. Il y a des choses que j'aurais crues plus simples, d'autres que j'aurais voulues plus compliquées. Je n'ai rien décidé de toute façon.

"Qui nous a ainsi retournés pour que, quoique nous fassions, nous soyons dans la position d'un qui s'en va ? Comme lui, sur la dernière colline qui fait voir sa vallée tout entière une fois encore, se retourne, s'arrête, tarde, - ainsi nous autres vivons-nous, sans cesser de faire nos adieux." 

Elégies de Duino, Rainer Maria Rilke

Tout cela est d'un plombant... ne faisons pas dans la demi-mesure ; badons aussi avec Baden Baden :



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